Communiqué
J’ai découvert avec surprise qu’une délégation d’élus de Lesneven a rencontré le maire de Guissény afin de lui proposer de déménager sur sa commune des associations employeurs basées à Lesneven qui sans aucun doute les gênent. Je me félicite de la réaction saine du maire de Guissény qui dénonce cette attitude aussi irresponsable qu’irréfléchie. Il faut savoir que ces associations (Diwan, Divskouarn, Dastum, Ti ar vro) représentent 15 emplois, qu’elles drainent des centaines de bénévoles qui travaillent à des projets collectifs et qui font connaitre Lesneven comme une ville culturelle par des manifestations de grande ampleur (fêtes des jeux d’Europe, foire aux poneys…) et qu’elles coûtent bien peu à Lesneven par rapport à ce qu’elles rapportent directement et indirectement. Par exemple, en plus des emplois directs, elles attirent nombre de familles des alentours qui font leurs courses sur Lesneven. C’est donc une richesse économique, sociale et culturelle à préserver et à valoriser. Les élus de Lesneven cherchent eux à s’en débarrasser maladroitement et sans en parler avec les premiers intéressés ! Viendrait-il à l’idée de ces élus d’aller voir une autre commune pour leur demander d’accueillir les entreprises de la ZA du Parcou sans même les prévenir ? Alors que la course relais Ar Redadeg pour la langue bretonne va traverser notre pays les 12 et 13 Mai, que des élus de la communauté de communes de Lesneven-côte des Légendes viennent de voter la charte Ya d’ar brezhoneg ! il est grand temps que cette dynamique ancrée, pérenne et créatrice d’emplois autour de notre culture populaire soit portée par une vraie politique publique communautaire soutenue par des élus responsables autour d’un pôle culturel associant les forces vives comme M le Maire de Lesneven l’avait promis lors de récents conseils municipaux.
Cette campagne de communication nous choque à deux titres :
Tout d’abord Marine Le Pen y est présentée comme une candidate comme les autres. Ce type de communication participe à la banalisation des idées du Front National. Nous ne pouvons le tolérer.
Deuxièmement, nous constatons qu’Eva Joly, candidate des écologistes et régionalistes, n’est pas citée. Pourtant, la relocalisation économique et le fédéralisme régional sont parmi les fondamentaux de la pensée écologiste depuis près de 40 ans. Les candidat-e-s cité-e-s par Produit en Bretagne dans sa publicité sont tous animé-e-s par une vision centralisatrice de la France. Lorsque ces derniers parlent de relocalisation, ils l’envisagent bien à l’échelle nationale. Cela apparait en contradiction avec les valeurs régionalistes que prétend défendre Produit en Bretagne.
Devons-nous voir derrière l’absence d’Eva Joly, une sanction suite à nos déclarations concernant l’attitude pour le moins ambigüe de Produit en Bretagne vis à vis de la lutte contre les O.G.M ?
Rappelons en effet que nous avons à plusieurs reprises dénoncé le fait que Produit en Bretagne ne se préoccupe en rien de la qualité des produits labellisés (et notamment concernant la présence d’O.G.M), ni des conditions de travail des salarié-e-s de ses entreprises partenaires.
Nous considérons cette propagande d’une association d’entreprises malvenue d’autant plus qu’elle est subventionnée par l’argent des Bretonnes et des Bretons.
Yannik Bigouin, conseiller régional Europe Écologie Les Verts Bretagne

