jeudi 14 juillet 2011

Tro Breizh ar sevenadur ganin e-pad an hañv ? Un tour de Bretagne culturelle avec moi cet été ?

Pour ceux qui veulent papoter avec moi cet été de ce qui nous préoccupent  : l'avenir de la Bretagne et de la culture, la langue bretonne, l'emploi, les présidentielles avec Eva-qui-ne-veut-plus-de-défilé militaire, comment mieux vivre ensemble ?, l'économie (sociale et solidaire), les patrimoines... ou tout simplement pour siroter une bière bretonne  en consommant le temps et en s'en rendant compte avec bonheur, voici mon programme de l'été :
Déjà pas de Festival des Vieilles Charrues cette année et pourtant j'y suis bénévole depuis plusieurs années, l'affiche est alléchante et j'aime particulièrement la dynamique de Carhaix met Leun eo an amzer ganin etre labour, politik, familh, kevredigezhioù...

- du 16 au 19 Août je suis au  festival d'Avignon pour une formation d'élus sur les évènements culturels mais aussi pour voir mon camarade Pagan Yves Calvez qui vit une merveilleuse aventure artistique. Jeune danseur bretonnant de dañs round (la danse trad' de Plouguerneau à Goulven que l'on chante en dansant ou le contraire ) qu'il a apprise avec son grand père, Yves a rencontré par l'intermédiaire de son association de culture bretonne Avel dro Gwiseni lors du festival de danse contemporaine A Domicile sur sa commune de Guissény le danseur Michaël Phelippeau. Belle rencontre artistique entre deux danseurs de deux univers totalement différents. Création sur place. Envie d'Avignon et... les voilà ! C'est t'y pas beau ça ? !
De la danse round, danse enracinée on ne peux plus, à la Mecque de la culture de l'hexagone avec plein de parisiens et leur galleg flour. J'aime bien.

Lien de ce spectacle qui s'appelle  Bi-portrait Yves C.

- Le 19 juillet au soir je joue pour la première fois sur une scène nationale (hop ! hop !  hop !)  : au théâtre de Cornouaille de Quimper dans le cadre du festival du même nom. La pièce se nomme An Divroa, jouée par ma troupe Ar Vro Bagan. Le thème ? L'exil. Des Bretons en dehors de la Bretagne, des immigrants en Bretagne. Souffrances, joies et bonheur. Nous jouons en breton avec des passages et des sous titrages en français.
Lien du  Festival de Cornouaille

- A partir du 21 Juillet je donne un coup de main pour la nouvelle création son et lumière de cette même troupe pour un grand spectacle sur les origines historiques de la Bretagne. Ca s'appelle Armorica et ça risque d'être pas mal du tout. Nous jouons à Plouguerneau les 22, 23 et 24 juillet dans la baie du  Korejou  (à 500 mètres de chez moi !) et les 10, 11, 12 et 13 août à Brignogan à 21H30. En français mais on ne peut pas s'empêcher de mettre du breton, c'est plus fort que nous ! ça ne peut pas faire de mal de toute façon : ça rend pas malade et on a du goût !

Je conseille aussi les autres créations qui tournent en ce moment : l'histoire du Folgoët les 5 et 6 Août dans cette commune et l'hommage à Glenmor le 7 Août à Lorient et plein d'autres choses ensuite.
Lien de la troupe : Ar Vro Bagan

- Je serai également présent toute la semaine, à partir du 13 Août,  au Festival du film insulaire de l'île de Groix avec la Nouvelle Calédonie comme pays invité (Programme : Festival île de Groix) puis, à suivre  au Festival de cinéma de Douarnenez avec l'Afrique du Sud comme communauté invitée (Programme ;  Festival Douarnenez). Je passerai au  41 ème Festival Interceltique de Lorient qui  invite cette année les diasporas celtiques (c'est là le programme : FIL ) et enfin je trouverai un moment pour me rendre au Festival du livre insulaire d'Ouessant (tout savoir là dessus ici :Festival du livre insulaire d'Ouessant)

Entre les festival il y-aura quelques réunions pour la région (héééé oui) et plein de petites autres choses agréables... mais que j'aime cette Bretagne apaisée dans ces moments festifs qui parle breton sans complexe, s'affirme telle qu'elle est, fait du terreau de sa culture un terrain pour accueillir des morçeaux de diversités culturelles du monde qui s'inter-fécondent alors en Breizh tout en permettant à chacun - accueillants comme accueillis-  de garder sa propre originalité. Des racines fortes avec des bourgeons ouverts ! C'est ça ma Bretagne.




jeudi 7 juillet 2011

Tribune parue dans Ouest France

Le recul de l’enseignement de la langue bretonne
ne doit pas commencer à Lesneven
 
La langue bretonne, dernière langue celtique continentale encore vivante dans le monde, est portée par un mouvement de soutien unique depuis plus d'un siècle. Depuis les premiers collecteurs de la mémoire du 19ème siècle jusqu'à la politique linguistique régionale aujourd'hui consacrée aux langues de Bretagne, les élus bretons et militants associatifs ont fait preuve de courage et d'opiniâtreté pour faire reconnaître, moderniser et transmettre la langue bretonne parlée par 200 000 personnes. S' il reste encore beaucoup à faire pour assurer la survie d'une langue que l'UNESCO classe parmi les plus menacées, ce qui a été construit peu à peu par la société civile et les élus de tous bords reste exemplaire dans un 21ème siècle où la globalisation rime trop souvent avec uniformisation.
Ainsi, toutes les collectivités bretonnes ont progressivement pris part aux financements des initiatives de transmission, de collectage, d'affichage bilingue, d'édition, de développement de médias... Pourtant, sous couvert de crise financière, des signes montrent que ce consensus pour soutenir les "porteurs" du trésor de la langue bretonne s'étiole. Par exemple en imposant un loyer prohibitif, la municipalité de Lesneven risque de faire mourir l'école primaire immersive en langue bretonne Diwan pourtant installée depuis trente ans dans cette commune, dans une dynamique culturelle rare qui s'exprime avec près de 120 élèves (le 3ème effectif pour une école Diwan en Bretagne). C'est là un signal négatif envoyé vers le monde, au moment même où l'UNESCO est saisie de plusieurs demandes d'inscription d'éléments fondamentaux de l'identité de la Bretagne au patrimoine immatériel de l'humanité. Ce serait aussi un signe particulièrement négatif pour tous les citoyens sensibles à la culture en Bretagne. Face à cette menace, nous invitons les élus de Bretagne à se rassembler pour donner à la langue bretonne toute la place qu'elle mérite. Paris ne reconnaîtra la richesse de cette langue que si les Bretons et leurs élus eux-mêmes lui témoignent un intérêt sans faille.
 
Yannik Bigouin, conseiller régional de Bretagne (Europe Ecologie Les Verts)
Christian Guyonvarc'h, conseiller régional de Bretagne (Union Démocratique Bretonne)